L'histoire

 

Anciennes formes de toponymie

 

En 1240 Dentingen

De 1284 à 1360 Dintanges

En 1544 Denting

En 1571 Dettingen

En 1584 Deitingen

En 1682 Dentingne

En 1856 Dinting

En 1869 Denting

De 1871 à 1918 Dentingen

 

L'histoire de Denting

( Vieux écrits, la définition des mots soulignés se trouve dans la rubrique "Le saviez-vous ?" )


         La commune comprend les sections de Denting, St-Henry, St-Jean et le village disparu de Velling.

         Il existait autrefois au lieu-dit "La Walze" une acierie annexe des entreprises Somborn, puis lang-Ferry à Boulay. On y fabriquait des lames de scies d'une grande renommée, dont l'acier venait de Solingen et d'Angleterre. On pouvait aussi y trouver un moulin à grains, et une huilerie.


         De 1360 jusqu'au Concordat, Denting dépendait de l'archiprêtré de Varize, pour relevé de celui de Boulay depuis 1804. L'église paroissiale, placée sous le vocable de St-Jean Baptiste semble remonter au XIeme siècle et sa restauration a été faite en 1791. Le mobilier sculpté est de date récente, 1900. Le clocher de style roman avec sa couverture en forme de dôme fut démoli en 1894 pour finalement être reconstruit plus à côté de la nef, mais devant l'entrée tel qu'il se présente encore aujourd'hui.

        La population de denting, en majorité catholique, comprenait une communauté juive, qui,  jusqu'en 1875 avait son propre cimetière situé à droite de la sortie du village en direction de coume.

        La première mention historique du village de Denting remonte à 1240. Sur la liste des feudataires de Fénétrange, il apparaît que Gottfried von Haldingen (Halling lès Boulay) tenait en fief à Denting, des bien-fonds (Stefans Gûter) mouvant de l'évêché de Metz. A cette époque, Denting comme Niedervisse et Momerstroff faisaient partie intégrante de la souveraineté de Varsberg, dont le seigneur Jean de Varsberg, de la maison de Rollingen (Raville), était premier magistrat de la Cours Ducale de Lorraine.

        Jean de Warnesperch (Varsberg) mourut en 1285 sans laisser de prospérité et il trouva sa sépulture dans l'Abbaye de Wadgassen.

        Le 13 janvier 1285 N.S Ferry, duc de Lorraine, reconnait qu'après le décès de Jean, seigneur de la Neuve-Warnesperch, son homme et son féal, il ne peut rien réclamer en la Cour de Boucheporn, ni de Bisten, ni en la dîme de la cense de Beitrange (Behringen, village disparu au-dessus de Coume), ni à Nydewisse, Dintange, Momelstorf, Chancey (Chaussy), Weinval, Holderchanges, et dépendances.Ces terres qui dépendaient anciennement de Warnesperch-la-Vieille, passèrent à Boémont de Sarrebrück, sire de Dagstul, à Godeman de Torcheville, gouverneur du Duc de Lorraine dans le bailliage d'Allemagne, frère et neveu de Jean le Justicier.

       Les fils de Godeman prirent pour eux et pour leurs descendants le nom "Créhange". Wiric (Frédéric) de Créhange, un fils de Godeman, engage les parts qu'il possède à Denting et à Niedervisse, à Jacquemin de Metz, dit le "Gourmand". Le gage fut relevé en 1404 par Georges de Bacourt, arrière neveu de Wiric.

       En 1688, les seigneurs de Créhange possédaient les 2/3 des droits seigneuriaux sur Denting et Niedervisse, la moitié de Momerstroff, ainsi qu'un château situé au confin du  "Bommert" à Denting, aujourd'hui disparu. La branche de Créhange s'éteint en mai 1680 par la mort du Comte Jean-Louis de Créhange, qui meurt sans postérité. Il ne laissa qu'une soeur, Dorothée de Créhange, veuve du Comte d'Ostfrisse (Ostfriedland).

Dans un mémoire dédié aux comtes de Créhange, écrit vers 1682, figure entre autres, un passage très intéressant sur Denting.

...Audit lieu de Denting m'appartient les 2/3 en tous droits de haute, moyenne, et basse justice, amandes, espaves, confiscations, droits d'entée et de sortie, banvin, gabelle, maltôte, droit de marché et cri de fête, chambre à sel, réception et tolérance des jufs, vain pâturage, glandée, bois, droit d'envoyer les habitants à tour de rôle pour mes nécessités, corvées et gardes au château de Créhange et autres de haute justice, l'autre 1/3 appartient au sieur de Soetern, à cause de d'Agstoul (près de Trèves), et me doivent les habitants dudit Denting, les rentes cy après scavoir : que m'étant dû de rentes fixes annuelles et perpétuelles au village de Nittel, trois foudres et demi de vin, lesdits habitants, conjointement avec ceux de Momerstroff et Niedervisse, sont obligés à aller quérir ledit vin et de l'amener à Créhange, sinon et lorsqu'ils ne font pas ladite voiture donnent lesdits trois lieux pour en être exempt, 40 francs, scavoir : Denting 20 francs barrois, Momerstroff et Niedervisse chacun 10 francs barrois et dépend de moy de leur faire faire ladite corvée ou de prendre l'argent. Et m'appartient lesdits lieux de temps immémorial la prééminence de tous droits, et sont lesdits habitants obligés de coparaître pardevant l'office de Créhange pour toutes affaires et difficultés, même pour faire passer dans ma chancellerie toutes sortes de contrats et marchés, lesquels arrivent entre eux et non ailleurs, les appels duquel office par lesdits habitants est aux seigneurs en commun, et me doivent de rendre fixe, dit "Schafft", 17 francs, 4 gros barrois, chacune charrue doit 4 gros. J'ay une pièce de prés appelée "Boungard", laquelle je laisse annuellement à des particuliers, d'une autre appelée "Langpferch de rente 22 gros, 4 liards. Les 2/3 du breuil, une pièce de pré appelée "Knechtviesen" une autre au "Schmitloch", un pré entre les bois et plusieurs autres prairies en commun, en bled, de rente fixe "Schafft", trente neuf quatre, un bichet, Item, les 2/3 du trescent du moulin audit Denting, les trescents des terres déshérence et autres terres, les grosses et menues dîmes. Trente deux poules, trois chapons. Item : m'appartient le droit de mettre des gardes poue empêcher les désordres au jour de fête, et lorsqu'il se trouve quelques délinquants ou criminels, lesdits habitants sont obligés de le faire conduire ès prison de Créhange, où le procès est fait et instruit sans la participation d'autres officiers ny seigneurs.

         Après l'extinction de la lignée des Dagstuhl, près de trèves, l'héritage de Boémont de Sarrebrück fut partagé entre les proches parents de la branche féminine, à savoir : les Rollinger, les Pittinger, les Brück et les Fleckenstein. Ces quatres copropriétaires habitèrent et exploitèrent leur domaine à Denting. A la suite de différents accords (1616 à 1625), ces fiefs furent acquis par Philippe-Christophe de Soetern, pour lui et sa famille. Sidonie, héritière de la maison de Soetern, épouse du Comte Roger Wilhelm von Oettingen-Baldern, reçut dans sa corbeille de mariage les fiefs de denting. Par le mariage de sa petite fille, Caroline Julienne, née Comtesse d'Oettingen-Baldern, avec le Comte Philippe d'Oettingen-Wallenstein, les possessions de Denting échurent à la lignée des Wallenstein, maison princière d'Oettingen, qui, en 1793 possédait encore la moitié de Momerstroff. Ce n'est que par le décret de la convention en date du 20 mars 1793 que Denting, un des derniers villages du comté de Créhange, sis en "terre d'Empire" fut rattaché à la France.

 

Les péripéties de l'abbé Laglasse pendant la Révolution

 

 


           Jacques-Paul Laglasse naquit à Denting le 28 octobre 1763 de Jacques Laglasse et de Marie Kremer son épouse. Prêtre le 8 mars 1788, il fut aussitôt nommé vicaire à Ars-sur-Moselle, mais refusa le serment et se retira dans un premier temps à Denting et fut déporté solennellemnt en vertu de la loi du 26 août 1792, la délibération de la municipalité de Denting ayant eu lieu le 3 avril 1793. Il  avait acheté une maison qui lui restait à payer. Il laissa des meubles chez sa soeur Marie Laglasse, et des jardins. Le district de Sarrelibre (Sarrelouis), actionné par la municipalité de denting, le place sur la liste des émigrés, en observant à tort qu'il "n'a encore point bein échu". Ce fut seulement le 20 mars 1793 que Denting fut réuni à la France. L'abbé Laglasse s'était maintenu tant qu'il avait pu et il espérait pouvoir entrer. Pendant 10 ans son histoire se résume à ses tentatives obstinées pour exercer le culte clandestinement. Il nous reste quelques écrits sur certaines étapes qui ont suivi la déportation de l'abbé Laglasse.


          Le 7 Thermidor An III, Laglasse se présente devant la municipalité de Bitche en déclarant qu'il n'est pas né français puisque Denting dépendait du comté de Créhange, donc que sa déportation est arbitraire. Il deamnde à exercer le culte dans l'église de Denting et il en prend la permission.

         Le 19 Nivôse An IV, le commissaire du directoire auprès du canton d'Ottoville, dont dépendait Denting, somme l'agent de cette commune d'expulser Laglasse. La convention a en effet réuni Denting, dépendance de Créhange. Si elle a oublié Momerstroff où les deux frères Chavant, autres prêtres déportés, ont réussi à se cramponner, un arrêté du 17 frimaire a réparé l'omission.Laglasse, comme les Chavant quittera le territoire ou sera arrêté. En vain, le curé de Denting invoque l'article 7 des droits de l'homme et s'assimile aux prêtres des pays conquis, argumente subtilise. La gendarmerie veut l'arrêter, mais il réussit à s'échapper. Il n'est pas très loin d'ailleurs car, à Merlin (de Thionville), qu'il assaille de réclamations, il se déclare forcé de rester caché dans les bois ou dans d'autres réduits non moins pernicieux à sa santé délabrée, gangereux et vivant toujours dans la crainte. "Voilà encore une lettre de ce cafard dont je déteste la race, répod  Merlin au commissaire, ne laisse pas cet homme pervers, pervertir notre département".( 30 Ventôse An IV). La gendarmerie de Boulay est mise sur pied. Vaine expédition, le 9 germinal, à Denting, dont Laglasse serait parti depuis quatorze jours toute la commune est fanatisée et complice.

         Le 24 Prairial, le frère du curé se fait prendre, les armes à la main, dans une brèche du mur d'un grenier. Pendant ce temps, Laglasse avec quatre hommes armés s'enfuit dans les bois et les gendarmes, couchés en joue, abandonnent la poursuite. Laglasse disparaît et c'est Cochon cette fois qu'il assiège de ces réclamations. Avec une assurance telle que, le ministre semble d'abord s'y laisser prendre.

        Après enquête, le 6 Thermidor An IV, Cochon ordonne de rechercher l'ex curé et de le déporter. L'appui de Barbé-Marbois ne réussit pas mieux à Laglasse qui disparaît pendant un peu plus d'un an. En Pluviôse An VI, il est signalé dans le canton de Longeville-lès-Saint-Avold, où il sucite de l'agitation, rayonnant autour de Denting redevenu son centre d'action. Le commissaire de Longeville écrit à ce propos "Je pense que cette bête noire et vorace ne nous échappera pas".

        Nouvelle éclipse en l'An X, le 13 août, c'est le préfet qui invite le maire de Téting, où Laglasse s'est réfugié, à exiger de lui serment de fidélité à la contitution de l'An X, sous peine de déportation. Il se qualifie de dogue, donne des ordres au nom d'autres prêtres, imprime et distribue des écrits qui tendent à troubler l'ordre et à compromettre la tranquilité publique. Cette fois Laglasse se soumet et fait sa déclaration le 13 Prairial An X devant le préfet de la Moselle, il sera amnistié le 14 prairial An XI. En 1810, il est directeur du collège de Sarrelibre.

 

L'histoire de Velling

 

Ce village a disparu pendant la guerre de Trente Ans et situé sur la colline sud, à environ 1 kilomètre de Denting.

Anciennes formes de désinences

Waldanges de 1272 à 1286

Wellingen en 1322

La ruine de Velling en 1730

Après sa destruction par les Suédois en 1632, le village n'a plus été reconstruit. En 1660, il y avait près de l'église, un ermitage occupé par un anachotère jusqu'à la révolution française.

L'église de Velling qui subsistait encore en 1717, était, église-mère de sept communes voisines et tombait en ruines. Elle non plus, ne fut plus reconstruite. Le droit de patronage appartenait à l'abbesse du couvent de Fraulautern (Sarre).

En 1850 on éleva sur l'emplacement de l'ancienne église-mère, une petite chapelle dédiée à Saint-Henry. Dans cette chapelle où l'on se rendait autrefois en pélerinage, était exposée la couronne de fer de Saint-Henry, laquelle était imposée aux malades souffrant de maux de tête. Dans une niche au-dessus de l'entrée, se trouvait une statue en bois, rongée par les intempéries et qui provenait de l'ancienne église-mère.

En 1727, l'ermite Jean Wagner érigea le long du chemin qui mène de Denting à la chapelle, les stations des sept chûtes du Christ, encore partiellement visibles aujourd'hui. A gauche de la chapelle sélevait un ossuaire, malheureusement détruit par la guerre de 1939/45. Le village était implanté sur des rives vallonnées et boisées du "Kaltbach" et ses ressources principales étaient les céréales, la polyculture et l'élevage de bovins. La fête principale du village avait lieu le dimanche suivant le 24 juin et les loisirs des habitants s'arrêtaient à la pêche et à la chasse.

SOBRIQUET

Dentinger Rebeller = Les rebelles de Denting.

Jusqu'au XVme siècle, le village faisait partie de la seigneurie de Créhange. Celle-ci fut érigée d'abord en baronnie et, en 1617, en comté par l'Empereur Mathieu d'Allemagne.

C'était une terre immédiate d'Empire dans le cercle du Haut-Rhin, mais rattachée à l'Evêché de Metz par liens de Féodalité. Après l'extinction de ses anciennes dynasties, le Comté de Créhange passa par héritage aux princes de Wied-Runkel. Les relations entre les habitants de plusieurs villages et les seigneurs du Comté n'étaient guère bonnes. Ces villageois étaient en constante contestation sur différentes questions avec leurs maîtres. Ils ne tenaient plus à fournir un contingent d'hommes à l'Empire, à ne plus se soumettre à la taxe de formariage ou à contribuer à la garde du château de Créhange. Ils étaient en outre, contre la défense d'exporter leur blé en Lorraine. Ces villages se partageaient bientôt en soumis (Téting, Lelling, Folschviller, et Biding) et en insoumis ou révoltés (Pontpierre, Denting, Momerstroff et Niedervisse), mais dans ces dernières localités, il y avait des familles soumises ou obeissantes, ce qui a poussé les insoumis qui avaient mis tout leur bétail en Lorraine, à faire irruption chez eux pour s'emparer et vendre le bétail, le mobilier et les outils agricoles en 1763, 1769 et 1770.

Le 20 décembre 1768, les révoltés sous la conduite de Pierre Schmitt et Philippe Laguerre étaient entrés à Denting et avaient pillé successivement les maisons des soumis, parce qu'ils ne voulaient pas verser la taxe pour soutenir la lutte contre les seigneurs. Les noms de ces victimes étaient : Jean Weiss, Jacques Baer, Pierre Mandernach, Jean Metzinger, Marguerite Kopp, Philippe Weiss, Guillaume Stablo et Jean Koch. Les "rebelles de Denting" étaient : Jean Laglasse, Jacques Laglasse, Philippe Laguerre, Adam et Etienne Deuter, Nicolas Koch, Jean-Jacques Kremer, Nicolas Dorr, Görig (Georges) Dann, Nicolas Hallinger, Jean Muller et Pierre Schmitt, auxquels s'étaient joints les "rebelles des autres villages insoumis. Cet esprit d'insubordination et de révolte des gens de Denting s'est aussi révélé pendant la Révolution.

Une plainte de L.H Albert, commissaire du Directoire exécutif près de l'administration municipale du Canton de Boulay, en date du 30 Messidor An IV (18 juillet 1796), adressée au juge de paix de Boulay, fait état d'un rassemblement formidable de fanatiques à Denting, organisé par un certain Jean Wechter de Boulay. ".... ces rebelles à la loi ne se seraient pas seulement contentés des bannières et des signes de ralliement de fanatisme, mais après avoir opposé la rebellion la plus formelle aux autorités constitutionnelles, ces rebelles munis de bâtons et de triques, se seraient portés aux excès les plus criminels en frappant l'adjoint de la commune de Boulay  avec des triques, quoiqu'il était revêtu de l'écharpe tricolore et ne portait que des paroles de paix pour dissiper les atroupements...." A la fin de cette dénonciation, Albert demanda la comparution de Jean Wechter et de Jean Tetercher et prie d'entendre le citoyen Jean Bassompierre, agent de la grande commune de Boulay et Henning.

 


 

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